Le cercle de craie

Spectacle de fin d'études, ESNAM, 10e promotion (création 2017) Le cercle de craie de Bertolt Brecht

Dans le cadre des 30 ans de l’École Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette, Eloi Recoing a souhaité privilégier une sortie « collective » des élèves en situation d’acteurs marionnettistes :

« Les découvrir d’abord comme des interprètes, au sens plein du terme, au service d’un projet. Non pas les exécutants d’une partition sur laquelle ils n’auraient prise mais bien comme les artisans d’un rêve commun, animés du désir de transformer nos représentations du monde.
Bérangère Vantusso représente un courant singulier dans les arts de la marionnette aujourd’hui. Son attachement au texte, comme source d’inspiration, détonne. Son théâtre sans « illusion », fondé sur la convention consciente, la rapproche de Brecht, en même temps que l’usage qu’elle fait d’une marionnette hyperréaliste met en tension cette évidence. Un théâtre troublant qui fait oeuvre de clarté, et qui manifeste la beauté à notre intelligence. Loin de tout divertissement vespéral.
Sa présence dans notre École est une manière de signer clairement l’inflexion que j’ai souhaité donner à la pédagogie de l’ESNAM. » Éloi Recoing

« Lorsqu’Eloi Recoing m’a proposé de mettre en scène les élèves de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de la Marionnette dans leur spectacle de sortie, je me suis rapidement mise en quête d’un texte de théâtre car c’est toujours par là que je commence. Je venais de diriger un atelier avec de jeunes étudiants d’hypokhâgne, et le début du Cercle de craie caucasien était au programme. Cet atelier a révélé un désir très fort de monter Brecht en marionnettes. » Bérangère Vantusso

Résumé (de la pièce dans la pièce) :

Il s’agit de l’histoire d’un enfant – Michel – le fils du Gouverneur du pays. La révolution éclate, le palais est en feu, le gouverneur est décapité. Dans le chaos de ce départ, la femme du gouverneur est très occupée à rassembler les richesses qu’elle veut emporter.
Dans le chaos de ce départ, elle oublie son bébé – Michel. Groucha Vachnadzé est cuisinière au palais. Elle voit l’enfant abandonné mais hésite à le prendre avec elle, consciente du risque qu’elle encourt à sauver l’héritier. Finalement elle l’emporte.

Un long périple démarre alors, où Groucha va s’exiler avec l’enfant, traverser les montagnes, se réfugier dans sa famille, être mariée à un paysan mourant qui finalement ne mourra pas, renoncer à l’amour du soldat Simon Chachava qui voulait l’épouser, etc.

Deux années passent, le vent du pouvoir tourne à nouveau, Michel est devenu un petit garçon et la femme de l’ex-gouverneur, sa mère biologique veut le récupérer. Un procès est alors organisé pour déterminer qui de Groucha ou de la femme du gouverneur est la « vraie mère » de Michel. Le juge, ex écrivain publique du village, « imbibé comme une éponge » s’appelle Azdak. Personnage haut en couleur, revenu de tout, Azdak accepte volontiers les pots de vin et rend une justice plus qu’arbitraire, mais toujours en faveur des plus pauvres.
Afin de rendre son jugement, il organise le rituel du Cercle de craie. Un cercle est tracé au sol, l’enfant Michel placé en son centre, les deux mères de chaque côté. Chacune doit tirer l’enfant à elle, celle qui l’emportera sera la « vraie » mère.

Les femmes tirent – au risque de blesser Michel – finalement c’est Groucha qui le lâche en premier, pour ne pas le déchirer.
Pourtant le juge Azdak conclut que l’enfant est à Groucha, et déclare que son héritage revient à la ville qui construira un jardin pour les enfants.

La terre appartient donc à celui qui la cultive.