La Trafiquante

Pièce poétique pour 1 comédienne, des caisses et des marionnettes – à partir de 6 ans La Trafiquante

« La Trafiquante est déjà à l’œuvre pendant que le public prend place. Elle découpe un personnage de papier. Elle est à l’œuvre depuis l’enfance, surnommée « Trafiquante » par son père parce qu’elle s’empare de tout, ouvre des boîtes dont il sort des sensations, des souvenirs, des animaux, des idées. Les textes poétiques sont de Rouzeau, Roubaud, Pittau, Norac, Kaplan, et la comédienne (qui s’adresse au jeune public pour la première fois aux enfants ) les dit admirablement. Une marionnette à son image lui sert parfois d’alter ego. (…) Le spectacle qui pourrait être déroutant pour certains est accueilli par une écoute impressionnante. La poésie gagne les enfants, et c’est réjouissant. »
Nathalie Kuperman. Télérama – Sortir (février 09)

 

La Trafiquante s’expose.
Elle a des trucs dans des boîtes fermées. Parfois elle les ouvre devant tout le monde.
Au fond il y a des mots. Courts, longs, en vers, en prose. Des poèmes.
Des animaux, des femmes en ville, des vieilles tortues, les deux chats poilus de maman.

Mélangées aux mots, il y a des images qui sont comme les prolongements en couleur des poèmes.

Au fond des boîtes, les mots sont muets, les images immobiles.
Mais La Trafiquante aime quand ça parle et quand ça bouge.

Elle ouvre les boîtes, elle secoue, elle construit, elle installe, elle tend des câbles, elle parle.

« Maman a deux chats
Un sous chaque bras
Ils dorment
Toute la journée »
(Pittau)

Elle referme, elle chante, elle en ouvre une autre, elle éclaire. Chaque boîte est un monde à jouer. Les images sortent, on les entend.

« Voici d’iliade longtemps j’étais petite enfant
Et je touchais à tout
Alors « la trafiquante » mon père me baptisa
Ou plutôt me rappela.

Avec ce sobriquet
Je devins fière fière fière comme une bougie,
Tout s’éclairait même le crapaud pisseur
Caché très au fond de mon cœur. »
(Rouzeau)

De boîte en boîte, cette fille -la Trafiquante- déploie son intérieur comme un beau papier peint couvert d’histoires.

Des fois, elle range.

Bérangère Vantusso, novembre 2008

 

Production :
Maison de la Poésie – Paris